Commémoration du Centenaire de l’armistice de la Première Guerre Mondiale Cérémonie de clôture à la Résidence / Discours du Consul général de France Djeddah le 11 novembre 2018

SE l’Ambassadeur Jamal Balkhyour, directeur général du MAE, Branche de La Mecque,
Mesdames et Messieurs les Consuls généraux, consuls honoraires, consuls adjoints,
Mesdames et Messieurs les Conseillers consulaires,
Monsieur l’Attaché de Défense de France à Riyad,
Mesdames et Messieurs les présidents d’associations françaises, les chefs d’établissements scolaires internationaux de Djeddah,
Mesdames et Messieurs,

Les événements qui nous réunissent ce jour 11 novembre 2018 ont eu lieu il y a 100 ans. Cela signifie que sur l’échelle de la vie humaine, il n’y a plus de témoin direct de ce qui s’est passé entre 1914 et 1918. Nous sommes donc la dernière génération à avoir entendu directement le récit de cette guerre par ceux qui l’ont faite.

Nous sommes réunis pour commémorer la fin de la Première Guerre mondiale.

Commémorer, c’est ne pas oublier et se rappeler :

- Se rappeler que la Première Guerre mondiale, c’était l’histoire d’une des plus grandes souffrances humaines des temps modernes. La Guerre a fait 18,6 millions de morts, soit 9,7 millions de morts pour les militaires et 8,9 millions pour les civils. - Se rappeler que pour la seule journée du 22 août 1914, et en l’espace de quelques heures, 40 000 soldats sont morts, 27 000 français et 13 000 allemands.

- Se rappeler que les soldats avaient entre 18 et 25 ans, que la Guerre a également fait plus de 20 millions de blessés et de mutilés, qu’elle a détruit des villes et des villages, des usines, des champs, des routes et des ponts.

- Se rappeler nous oblige à nous incliner sur la mémoire de nos soldats qui se sont sacrifiés pour que nous soyons libres aujourd’hui.

- Au cours de ces 100 ans depuis la fin de la Guerre, nous sommes passés par différentes étapes, passant de l’hommage aux armées, aux anciens combattants et, aujourd’hui, à fêter la paix, l’Europe et l’avenir.

La France et l’Allemagne ont combattu au cours des guerres les plus marquantes du XIX et du XX siècle, en 1870, en 14-18 et en 39-45. Aujourd’hui, la France et l’Allemagne, le peuple français et le peuple allemand, au-delà de la réconciliation, ont su établir des solidarités dans l’ensemble des secteurs, défendent des valeurs communes au sein de l’Europe qu’on les qualifie de « couple franco-allemand ». Le temps a contribué à cicatriser les blessures, mais surtout nos dirigeants ont su accomplir des gestes symboliques forts allant dans le sens d’un « deuil partagé ». Je pense au recueillement des chefs d’État français et allemand (le Président François Mitterrand et le Chancelier Helmut Kohl) à Verdun en 1984 où on les voit se tenir la main dans un hommage solennel aux morts de la Grande Guerre.

Un siècle après la fin de la Grande Guerre, rappelons-nous que la paix est le bien le plus précieux, mais que cette paix est fragile et précaire.

Pour montrer que notre engagement en faveur de la paix est constant, la France réunit à compter d’aujourd’hui 11 novembre 2018 et jusqu’au 13 novembre, le Forum pour la paix. On y attend 10.000 participants pour rappeler que l’Europe vit depuis 70 ans dans la stabilité et la paix, pour défendre la stabilité mondiale, alerter sur les risques de conflits exacerbés par la montée des nationalismes et des populismes, agir pour le climat et, enfin, rappeler que le multilatéralisme est plus que jamais nécessaire.

A Djeddah, nous avons voulu que cette commémoration du Centenaire respecte ces deux volets de recueillement sur nos morts, d’une part, et de célébration de la paix, d’autre part.

- Ce matin au cimetière non-musulman de Djeddah, nous étions plusieurs à nous recueillir sur les tombes du soldat français, le capitaine Jean-Baptiste Lapadu-Hargues et du militaire britannique John Arthur Hogan. Des élèves des écoles française, anglaise et allemande ont lu des textes émouvants de soldats de la Grande Guerre. Je remercie mes collègues Consul général d’Allemagne, d’Italie et des Etats-Unis d’avoir participé à cette cérémonie.

- Pour dire aux jeunes générations de ne pas oublier ceux qui sont tombés au champ d’honneur il y a plus de 100 ans, l’Ecole française a célébré cet après-midi cet événement, conjointement avec les écoles britannique, allemande, italienne, sénégalaise et guinéenne. Je tiens à remercier les chefs de ces établissements qui ont répondu à notre appel et mobilisé leurs élèves malgré un calendrier très serré.

- Enfin, ce soir nous faisons la synthèse de cette commémoration avec une exposition de photos françaises et américaines sur la Grande Guerre. Je tiens à remercier le Consulat général des Etats-Unis d’avoir contribué cette exposition en l’enrichissant.

Pour célébrer la paix, quoi de mieux que de donner la parole à notre jeunesse pour chanter l’Ode à la Joie (finale de la 9ème symphonie de Beethoven) qui est l’hymne officiel de l’Union européenne, mais surtout le symbole de la volonté de plus de 500 millions d’Européens de vivre ensemble, en sécurité et en paix.

- On ne peut parler de paix sans penser aux différents conflits qui embrasent cette région et appeler à des solutions politiques. Je pense à la Syrie, au Yémen, à la Libye, au conflit israélo-palestinien. La paix passe également par la préparation d’un environnement favorable, ce qui passe par plus de sécurité, et donc par la lutte contre le terrorisme où qu’il soit.

Rappelons-nous donc du sacrifice de nos grands-pères et nos arrières grands-pères. Rappelons-nous que nos soldats morts il y a 100 ans nous ont légué la responsabilité de contribuer, en leur mémoire, à la construction d’un monde meilleur.

Dernière modification : 25/11/2018

Haut de page